Conversation avec Anaïd Demir

Quelles sont tes sources d’inspiration dans tes dessins, tes sculptures ou tes installations ?

 

J’ai toujours été fasciné par le monde du spectacle, par les décors et les costumes, les pistes aux étoiles. Je sens encore l’influence qu’ont eue sur mon imaginaire des bêtes de scène mythiques et mystiques telles que David Bowie, Klaus Nomi ou Rudolf Noureev, par leur présence scénique et la folie de leurs costumes.

Cette recherche de l’extravagance et de la performance est devenue un enjeu majeur dans mon travail.

 

Équilibre et légèreté traversent la plupart de tes travaux. À quoi est-ce que ça tient ?

 

J’aime lorsqu’une œuvre est en tension, que tout puisse basculer comme s’il s’agissait d’un spectacle vivant. Bien sûr, il s’agit d’une mascarade, car les dessins sont figés à jamais et les sculptures étudiées pour ne pas bouger. Le mouvement possible et la suite de l’histoire sont ensuite livrés à l’imagination du regardeur.

 

L’« inquiétante étrangeté » chère à Freud, la fascination, le rêve... sont-ils des moteurs dans tes travaux ?

 

Pour moi l’« inquiétante étrangeté » se trouve dans le quotidien
de l’artiste et son rapport au monde. Lorsqu’en grande partie inconsciemment son esprit s’arrête sur un détail du monde et qu’il décide d’en faire une œuvre. J’essaie de recréer ce schéma mental dans mon travail, un pied dans le réel et l’autre en grand écart dans la complexité de l’imaginaire.

Questions par Anaïd Demir, Catalogue des félicités, Octobre 2019